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Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016

 Les Ostensions limousines sont inscrites depuis 2013 par L'UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

" Les Ostensions septennales limousines associent culte religieux, traditions laïques et savoir-faire artisanaux, impliquant l'ensemble de la communauté et rassemblant des praticiens de milieux sociaux variés dans un esprit  de cohésion sociale et identitaire, ponctuant leurs vies et rappelant l'histoire de la région...". Extrait du texte de l'inscription Patrimoine Culturel Immatériel (PCI).

 Cette fête traditionnelle religieuse mais aussi fresque historique attire des dizaines de milliers de visiteurs croyants et non croyants. Depuis le Moyen-Age, tous les sept ans, les reliques de plusieurs saints dont saint Amand et saint Junien qui vécurent au Vème siècle, sont portées en procession dans la ville. Les Ostensions de 2016 ont eu beaucoup de succès. Les premières auxquelles j'ai assisté datent de 1974. 450 bénévoles ont participé à la confection des costumes, des décorations, des installations de la forêt ou des chapelles, et 1 500 figurants costumés ont défilé dans les rues de Saint-Junien. Christophe Malavoy, acteur et réalisateur, a gracieusement interprété les textes qui accompagne le cortège de la cérémonie de clôture. Il succède au célèbre comédien Jean Piat, " voix officielle " des Ostensions 2002 et 2009. 

Pour que la fête soit réussie, il faut s'y prendre sept mois à l'avance pour le casting du cortège. Les hommes barbus sont sollicités, sinon les gens ont le choix pour incarner un personnage,  pas besoin d'être croyant. Comme les Ostensions disposent de peu de moyens, on ressort les anciens costumes mais on en crée aussi de nouveaux. Les statues sont restaurées par un peintre bénévole. TF1 et FR3 Limousin ont fait un reportage sur le sujet. 

 

Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Affiche des Ostensions de Saint-Junien

Affiche des Ostensions de Saint-Junien

Photo des Ostensions, dans La Nouvelle Abeille, journal hebdomadaire de la région.

Photo des Ostensions, dans La Nouvelle Abeille, journal hebdomadaire de la région.

Article sur les Ostensions, dans La Nouvelle Abeille

Article sur les Ostensions, dans La Nouvelle Abeille

Monsieur Chabot qui a participé au défilé m'a remis une documentation sur ses recherches à propos de cette fête religieuse. Une partie a été publiée dans le journal Le nouvelliste de Saint-Junien. Il m'a aussi donné un extrait de texte d'une revue occitane qui explique pourquoi les Ostensions se déroulent tous les sept ans. C'est assez long à lire mais très instructif. 

Je partage avec vous son documentaire avec sa permission, avant de montrer mes photos des décorations de la ville et du cortège. Le programme des 72èmes Ostensions qu'on pouvait se procurer sur place m'a été très utile ainsi que les panneaux d'information à l'intérieur de l'église pour commenter mes photos.  

Le rythme septennal 

C'est au XVIe siècle que l'on se mit à célébrer les Ostensions tous les sept ans. Moins fréquentes, elles devenaient plus solennelles. On ignore pourquoi fut choisie cette périodicité. Sans doute, simplement, parce que le chiffre "sept" a une forte valeur symbolique. 

Ce nombre, au pouvoir magique chez les peuples antiques du Moyen-Orient, est souvent cité dans la Bible et l'Evangile. Il est le symbole du cycle complet, de l'achèvement, de la perfection universelle, de la conjonction du temps et de l'espace. Il évoque notamment les sept planètes, qui correspondent aux sept jours de la semaine, durée d'une phase lunaire. 

La Genèse dit que Dieu créa le monde en six jours et se reposa le septième (sabbat). Perpétuant la coutume babylonienne qui considérait chaque septième jour comme néfaste à toute entreprise, la loi juive (mosaïque) prescrivit de ne rien faire le jour du Sabbat et de laisser reposer la terre tous les sept ans en interrompant les travaux agricoles pendant une année "sabbatique". 

La Genèse rapporte (XLI) le songe d'un pharaon qui eut la vision de sept vaches maigres et de sept vaches grasses, ce que Joseph interpréta comme des périodes de disette et des périodes d'abondance. 

Les générations de paysans ont observé des cycles climatiques : ils gardent la mémoire d'hivers particulièrement rigoureux et d'étés de sécheresse, de successions de saisons " pourries ", parfois ponctuées de prodiges naturels - comètes, éclipses, séismes, inondations et autres catastrophes - qui ont frappé l'imagination. Dans la mentalité populaire, on croyait que la mécanique universelle se déréglait périodiquement et qu'il fallait prier le Grand Horloger de régler le rythme naturel et de remettre les choses en ordre. 

Tous les sept ans, les Ostensions sont censées marquer le début d'une période qu'on espère faste. On prie le Ciel d'accepter un temps de "vaches grasses". 

Michel Praneuf - Les Ostensions et la Religion Populaire en Limousin - Préface de Robert Joudoux, Majoral du Félibrige - Editions LEMOUZI - N° 105 bis 

 

 

 

 

 

Chapelle de verdure décorée de statues de saints et de tableaux. Des scènes du passé sont représentées. Ici, c'est l'arrivée de Junien à l'ermitage d'Amand.
Chapelle de verdure décorée de statues de saints et de tableaux. Des scènes du passé sont représentées. Ici, c'est l'arrivée de Junien à l'ermitage d'Amand.

Chapelle de verdure décorée de statues de saints et de tableaux. Des scènes du passé sont représentées. Ici, c'est l'arrivée de Junien à l'ermitage d'Amand.

Chronique des Ostensions 

Tous les sept ans, le dernier dimanche de janvier, les Gardes Suisses procèdent au rite d'ouverture des portes du centre-ville de Saint-Junien aujourd'hui disparues. En forme de cercle ovoïde, le centre-ville rappel l'oeuf Cosmique des cosmogonies antiques (la cosmogonie est un système expliquant la formation de l'Univers. Les récits oraux de cosmogonie fondent presque toutes les religions et sociétés traditionnelles) qui contient en germe les potentialités créatrices de vie, comme on peut le voir sur un tableau d'André Brock exposé dans la collégiale. 

Les vestiges archéologiques des portes étant situé à l'est, au sud, à l'ouest et au nord, nous laisse supposer que leur ouverture est un rite d'orientation spatiale selon la croix orthogonale des quatre points cardinaux. Ce rite perpétue en fait le geste civilisateur par excellence, celui qui préside dans l'antiquité au rite de fondation d'une cité par les bâtisseurs romains, qui l'orientaient selon l'axe Est/Ouest et l'axe Nord/Sud pour en faire un espace sacré et un centre du monde. 

Symboliquement, l'ouverture des portes aura pour but de faire de la Ville Rouge un centre du monde, non pas géographique, mais spirituel, le  temps des Ostensions. D'une part, en orientant Saint-Junien selon l'axe polaire qui relie le ciel (demeure de Dieu), la Terre (demeure des Hommes) et le monde souterrain (demeure des morts). Cette orientation céleste étant mise en évidence par la marche circulaire des Gardes Suisses autour de la collégiale, qui sert de pivot  central à la ronde sacrée. D'autre part, en orientant la ville selon l'axe Est/Ouest et l'axe Nord/Sud. Cette orientation terrestre étant mise en évidence par la triple marche rituelle autour d'un carré imaginaire des Gardes Suisses aux quatre portes cardinales : Porte du Pont Levis (haut de la rue Lucien Dumas), Porte Salers (bas de la rue Jean-Jacques Rousseau), Porte du cimetière (rue Paul Dubois) et Porte de la Voie du Pont (place Julienne Petit). Après chaque tour, les gardes Suisses procèdent à un salut rituel, suivis par les tirs des mousquetons des sapeurs-pompiers et par le son des tambours. 

La triple marche rituelle des Gardes Suisses (évoquant le nombre 3), autour d'un carré imaginaire (évoquant le nombre 4), souligne aussi une volonté de se rattacher symboliquement au nombre 7 lorsqu'on additionne ces deux nombres. Dans toutes les religions, le cercle  symbolise le Ciel ou le monde spirituel. Par complémentarité, le carré symbolise la Terre, ou le monde de la matière avec ses quatre éléments (la terre, l'eau, l'air et le feu) ; mais aussi, il représente l'univers créé avec ses quatre points cardinaux qui crucifient le monde autant que l'harmonie des cycles terrestres avec ses quatre saisons. Les trois tours évoquent le chiffre trois qui symbolise dans le christianisme le Ciel ou le monde spirituel à travers la Sainte Trinité : " Père, Fils et Saint Esprit ". En additionnant le 3 et le 4, on obtient le chiffre 7 qui symbolise alors la totalité de l'univers visible et invisible, c'est-à-dire l'union du monde matériel et du monde spirituel. 

Il est à souligner que la triple marche se réalise dans le sens inverse des aiguilles d'un montre, le sens polaire. Toutes les marches circulaires ou en carré autour d'un objet sacré ont pour but d'imiter l'ordre cosmique, c'est-à-dire de reproduire la course cyclique et régulière du soleil ou des constellations. Nous pouvons remarquer que la marche des Gardes Suisses a pour but d'imiter la rotation de la Grande Ourse autour de l'Etoile Polaire. Dans la quasi-totalité des grandes religions, l'Etoile Polaire est considérée comme le centre symbolique du monde autour duquel s'exerce l'activité céleste des forces cosmiques. Dans la religion chrétienne en particulier, l'Etoile Polaire était considérée comme le trône symbolique de Dieu à partir duquel le Créateur fait tourner tout l'univers. Mais à quelle tradition se rattache la marche rituelle en carré? S'il est difficile de répondre à cette question, on peut néanmoins constater qu'elle est identique à la marche rituelle des francs-maçons autour d'un double carré au centre duquel tombe un fil à plomb rattaché au plafond de leur temple à l'Etoile Polaire où se situe le trône du Grand Architecte de l'Univers. Cette circumambulation polaire est universelle puisqu'on la retrouve chez les Musulmans qui tournent sept fois en cercle, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, autour de la pierre noire cubique de la Mecque. 

Pour terminer, l'apparition de la croix des quatre points cardinaux dite croix grecque, qui crucifie la cité gantière lors de l'ouverture des portes, est aussi celle où le " Christ Cosmocrator " a été crucifié au centre de la croix, au centre du cosmos, comme on peut le voir dans l'église-crypte de Telasfarri Estifanas en Ethiopie. En effet, elle est  l'une des nombreuses croix -avec la croix latine, la croix en tau, ou la croix de Saint-André- qui a été choisie par les chrétiens pour rendre témoignage de leur foi en Jésus-Christ qui enseigna la paix, la justice et l'amour fraternel aux Hommes afin qu'ils apprennent à mieux s'aimer. Elle est pour les chrétiens le symbole de l'Esprit éternel dominant la matière corruptible, ou le symbole de la vie dominant la mort. Elle est l'unique voie du salut annonçant l'espoir d'une résurrection à l'imitation de Jésus-Christ. Il est à souligner enfin que la croix grecque, comme d'ailleurs la croix en tau et la croix latine, est le développement géométrique du cube à six faces, qui symbolise dans le christianisme la pierre cubique, souvent évoqué par Jésus-Christ comme la pierre de fondation de l'Eglise : " Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise " (Mathieu. Chap. 16, Vs. 18). 

Laurent Chanadeau et Jean-Claude Arena D'après les recherches de Jean-Christophe Chabot.

LE NOUVELLISTE de Saint-Junien - Du 3 au 9 mars 2016 - Chronique des Ostensions. 

 

 

Deux suisses encadrent l'entrée de la chapelle Saint Amand. Les Reliques des Saints sont déposés sur une table.
Deux suisses encadrent l'entrée de la chapelle Saint Amand. Les Reliques des Saints sont déposés sur une table.

Deux suisses encadrent l'entrée de la chapelle Saint Amand. Les Reliques des Saints sont déposés sur une table.

Chronique des Ostensions ( suite ) 

Le mois de mars 2016 a été un mois contenant deux cérémonies : la bénédiction des drapeaux suivi de leur montée et l'ouverture du tombeau pour en extraire les reliques. 

La bénédiction des drapeaux et leur arboration 

Traditionnellement, cette cérémonie se déroule à la Mi-Carême. Le carême, qui est une période de pénitences avant Pâques, commence le mercredi des Cendres, après le Mardi-gras, et se termine le jour de Pâques. La mi-carême se fête le quatrième jeudi du carême, qui se trouve au milieu de ce dernier. Mais des changements ont eu lieu depuis quelques années. Cette cérémonie s'effectue dorénavant le dimanche suivant la mi-carême. Il y eut aussi l'ajout de drapeaux, ceux des quatre portes aux couleurs de chacune d'elles. Par exemple, en 1925, il n'y avait que les drapeaux pour les deux églises de la ville. " Celui de l'Eglise paroissiale est aux couleurs des quatre quartiers : Noir (cimetière), Bleu (Voie du pont), Blanc (Saler) et Rouge (Pont-Levis). Celui de l'église Notre-Dame-du-Pont est aux trois couleurs, Bleu, Blanc et Rouge, et sur la bande blanche, une inscription " Honneur à Marie " "(1). Même les couleurs du drapeau de la collégiale ont connu une évolution. En 1953 et 1960, le drapeau était aux couleurs Vert, Bleu, Blanc et Rouge ; en 1967 et 1974 aux couleurs Noir, Bleu, Blanc et Rouge. Et depuis 1995, celui de l'Eglise devient Noir, Bleu, Blanc, Rouge et Vert, sachant que l'on considère que le Vert correspond à la forêt de Comodoliac et le Blanc à l'Ermite. C'est durant le traditionnel tour des portes de la ville pour le salut des Suisses que ces drapeaux y sont déposés. A noter aussi que l'ordre de passage a changé. " Le cortège se reforme et va saluer les quatre portes de la ville dans l'ordre suivant : Pont-Levis, Saler, Voie du Pont, Cimetière et on revient à l'église. Le Cortège se rend ensuite à l'Eglise de Notre-Dame-du-Pont où le drapeau est également placé et salué de la même manière "(1). 

 

La sortie des Saints 

Tous les sept ans, le dimanche de Quasimodo, le tombeau de Saint Junien ouvre ses portes afin d'y retirer les Chefs de Saint Junien, Saint Amand et Saint Théodore, ainsi qu'un morceau de la Croix du sacrifice de Jésus. Durant sept semaines, ses reliques seront à la " disposition " des fidèles afin qu'ils puissent les vénérer comme il se doit. 

Avant la Révolution, les trois reliques que disposait la collégiale était celles de Saint Junien, Saint Amand et Saint Rorice. Mais ce dernier fut remplacé par Saint Théodore qui était un martyr. La légende orale raconte que ce serait le Vatican qui aurait envoyé le Chef de Saint Théodore car la coutume souhaite que l'on vénère que des saints martyrs, ce que Rorice n'était pas. Des écrits mentionnent l'arrivée de ce nouveau Saint en 1806. Il n'y a pas eu de grand changement significatif dans l'ouverture du tombeau et la vénération des reliques. Mise à part qu'après 1925, les quatre clés n'étaient plus confiés à quatre personnalités différentes, qui étaient : le maire, le juge de paix, au président du conseil de Fabrique et au curé-doyen. Ce n'est qu'à l'occasion du millénaire de Saint Junien (990-1990) que Roland Mazoin, le maire de la commune, reçu une des quatre clés par le président Roger Thierry et l'abbé Thistout. Pour les Ostensions de 1995, Bernard Lévêque perpétua ce déroulement en laissant une clé au maire. 

Cette année, la date de l'ouverture du tombeau a été décalée au jour de Pâques au lieu du deuxième dimanche de Pâques,. Lors du dimanche de la Quasimodo, le comité des Ostensions s'est rendu à Limoges pour une cérémonie Ostensionnaire. C'est le Père Jean-Michel Bonnin qui eut l'idée de déplacer cet évènement au jour de Pâques, qui est le jour célébrant la résurrection de Jésus Christ. 

Nous pouvons quand même nous demander d'où vient le culte des " Chefs " dans la tradition des Ostensions Limousines. Pour cela, il faut comprendre ce que sont ces reliques...

Si les Chefs sont sortis tous les sept ans, c'est pour commémorer le miracle du Mal des Ardents, puisque la tradition affirme que c'est, en 994, après avoir translaté les reliques de Saint Martial, de Sainte Valérie et d'autres Saints, au sommet du Mont Jovis, le plus haut lieu sacré spirituel de Limoges dans la chrétienté médiévale, que furent guéri 7 000 personnes en 40 jours. Il ne faut pas prendre le nombre de 7 000 pour la réalité. En effet, il symbolise l'intervention surnaturelle de Dieu par le 7 qui évoque la création du Monde en 7 jours et le nombre 1 000 donne plus d'importance au nombre 7 divin. Le nombre de jour est aussi symbolique car il rappelle le déluge de Noé qui dura 40 jours ou encore les 40 jours du Christ passés dans le désert. 

Du latin Caput, le chef désigne la tête et par extension le crâne. Le chef des saints fondateurs n'est pas un crâne entier mais seulement la calotte, c'est-à-dire la partie supérieure du crâne en forme de coupe renversée qui recouvre le cerveau. La tête, siège du cerveau d'où naissent les pensées, est dans toutes les traditions le symbole de l'intelligence lumineuse ou de l'esprit qui éclaire. C'est aussi  le symbole de la toute-puissance, de l'autorité du pouvoir qui permet de donner des ordres pour diriger le corps ou ses semblables. Chez nos ancêtres les Celtes-Gaulois, qui croyaient en l'Au-Delà, la tête était le siège de l'âme et elle avait un caractère divin. Dans la religion chrétienne, la tête symbolise aussi le siège de l'âme ou de la partie spirituelle et divine de l'Homme qui anime le corps et qui survie après la mort pour rejoindre la Lumière de Dieu. Michel-Ange, en " prince de la lumière ", le savait puisque dans la fresque de La création d'Adam, peinte sur la célèbre voûte de la chapelle Sixtine, il a dessiné Dieu sous les traits  d'un vieux sage dans une coupe sagittale du cerveau créant Adam de son doigt divin. 

La tradition du culte des chefs provient certainement du culte celtique des têtes coupées. En effet, nos ancêtres les Celtes-Gaulois coupaient  les têtes de leurs ennemis vaincus pour les clouer ensuite dans leurs maisons ou dans leurs sanctuaires comme des trophées de chasse exposés à la vue de tous. L'exemple le plus saisissant de la tradition celtique demeure le célèbre portique du sanctuaire de Roquepertuse aux environs d'Aix-en-Provence daté du IIIe siècle avant Jésus-Christ. Parfois, ils embaumaient les têtes de leurs ennemis les plus illustres en les imprégnant d'huile de cèdre pour les conserver soigneusement dans un coffre et ne s'en défaire à aucun prix. Les chrétiens en Limousin les ont imités pour conserver précieusement les crânes de leurs saints fondateurs en les imprégnant d'onguent. Le culte celtique des têtes coupées fut christianisé par le culte des saints céphalophores et par la vénération des crânes de nombreux saints. En effet, au-delà de la mort physique, il y a la survie de l'âme ou de l'Esprit comme en témoigne les saints cépahlophores qui portent leur tête coupée entre les mains. C'est le cas de Saint Denis, premier évêque martyr de Paris, et de Sainte Valérie, première martyre chrétienne de Limoges. Le symbolisme des saints céphalophores se rapportent à la croyance chrétienne que l'Esprit est immortel et que le bourreau qui a coupé la tête au martyr ne lui a pas ôté sa vie. C'est pourquoi, Sainte Valérie, après avoir été décapitée, continua à marcher la tête sous son bras jusqu'à l'église où Saint Martial officiait. Par cette allégorie, on veut faire comprendre aux fidèles que la sainte domine par son Esprit le pouvoir qui l'a tué. Par effet démultiplicateur, l'Esprit de la victime, non seulement subsiste après sa mort, mais continue d'être porté sur la terre à travers la vénération de son crâne par tous ceux qui partagent le même message spirituel c'est-à-dire la même foi en la vie éternelle dans l'Au-Delà. 

Il existe un lien entre le culte des chefs des saints Limousin et le Graal. En effet, la calotte du crâne, qui est comme une coupe renversée contenant l'âme vitale, est analogue à la coupe du Graal qui a contenu le sang du Christ, symbole de vie éternelle. Dans une version légendaire ancienne du Graal, la Quête de Peredure, le héros Peredure accède au château des Merveilles après une longue suite d'épreuves. On lui présente le Graal sous la forme d'une tête coupée, sanglante, portée sur un plateau d'or dont la signification pourrait bien se trouver dans la représentation de Saint Mitre décapité dont la tête est remplacée par un soleil, symbole de l'âme porteuse de la Lumière divine. Dans d'autres récits légendaires, le Graal est le sang du Christ recueilli dans un vase fabriqué avec une pierre d'émeraude tombée de la tête de Lucifer (le porteur de Lumière). Or le Christ s'offre en sacrifice sur le Mont Golgotha, qui signifie Le Mont du Crâne, où souffler l'Esprit divin, car Adam, qui y a été enterré, rattache l'humanité entière à Dieu. 

En conclusion, le culte des têtes coupées de la tradition celtique semble avoir profondément influencé le Moyen-Age chrétien, notamment à travers la vénération des chefs des Saints fondateurs qui continue à se pratiquer lors des Ostensions Limousines. Si nous recherchons ce qu'ils sont par rapport au Dieu Créateur, les chefs nous apparaissent alors comme le réceptacle de la grâce divine, répandue dans les âmes qui les ont vivifiés, et, dès lors, les chrétiens reconnaissent en eux des temples vivants de l'Esprit divin sanctificateur, des membres du Verbe incarné, des vases d'élection, à l'image du Saint Graal, honorés de la présence et de l'amour du Père céleste, en un mot, des objets sacrés dignes de vénération.

Le Nouvelliste de Saint-Junien - Du 7 au 13 avril 2016 - Chronique des Ostensions.

1.Etude sur les Ostensions de Saint-Junien de Vital Granet, 1925.

Sources. "Religion populaire et expression de la foi à Saint-Junien" d'Alain Mingaud, Virginie Kollmann-Caillet et Michel Valière;

Laurent Chanadeau et Jean-Claude Aréna selon les recherches de Jean-Christophe Chabot. 

 

 

 

 

Le tombeau de Saint Junien réalisé en calcaire fin de La Rochefoucauld, il date du 12e siècle.

Le tombeau de Saint Junien réalisé en calcaire fin de La Rochefoucauld, il date du 12e siècle.

Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Les statues de la Collégiale sont inscrites en tant que monument historique.
Les statues de la Collégiale sont inscrites en tant que monument historique.

Les statues de la Collégiale sont inscrites en tant que monument historique.

Vénération des Reliques

Il s'agit de la partie la plus secrète des ostensions. Autrefois continue de Quasimodo à la Trinité, elle n'a lieu maintenant que le samedi en fin d'après-midi et le dimanche matin, et tous les jours à la fin du mois de juin avant la clôture. Les Reliques sont déposées sur une table dans la chapelle Saint-Amand. Deux des Suisses en encadrent l'entrée. La dévotion consiste, après une courte prière, à s'incliner pour embrasser le crâne de chacun des Saints. Les fidèles peuvent emporter, s'ils le désirent, un morceau du coton qui a servi à protéger les reliques pendant sept ans. Ce coton imprégné des onguents mis sur les crânes est en général considéré comme une relique. Aucune statistique sérieuse de cette vénération n'a jamais été tenue. Des milliers de fidèles font silencieusement ces mêmes gestes depuis des siècles, tous les sept ans. 

Informations sur les panneaux dans l'église de Saint-Junien lors des Ostensions.

Les vitreaux qui existaient au début du 19e siècle étaient trop abîmés pour être restaurés, de nouveaux vitraux sont installés à la collégiale dans les années 1880.
Les vitreaux qui existaient au début du 19e siècle étaient trop abîmés pour être restaurés, de nouveaux vitraux sont installés à la collégiale dans les années 1880.

Les vitreaux qui existaient au début du 19e siècle étaient trop abîmés pour être restaurés, de nouveaux vitraux sont installés à la collégiale dans les années 1880.

Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016

Les fresques 

La collégiale a certainement possédé de très importantes fresques polychromes, symbole de l'importance et de la puissance du chapitre des chanoines de Saint-Junien pour le diocèse de Limoges. Depuis les années 1930, plusieurs morceaux de fresques isolés ont été découverts. Les fresques de Saint-Junien, bien que s'apparentant à la peinture romance de l'ouest de la France, et leur graphisme, bien qu'issu de celui des peintres de Saint-Junien et Poitiers dans la Vienne, trouvent leur originalité dans le choix des coutumes et le traitement des personnages. On peut également remarquer leur ligne dynamique et bien rythmée, signe qu'elles entretiennent un lien étroit avec les fresques des Salles Lavauguyon (1160 - 1180), dont l'église avait été donnée aux chanoines de Saint-Junien qui la possédèrent jusque dans les années 1150. 

Informations sur les panneaux dans l'église de Saint-Junien.

Informations sur des panneaux dans l'église de Saint-Junien pendant les Ostensions.

Informations sur des panneaux dans l'église de Saint-Junien pendant les Ostensions.

Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016

Les origines des saints 

Saint Victurnien 

Il est originaire de l'Ecosse et vient d'une famille aisée. Le chevalier s'est installé dans la vallée de la Vienne et habite dans la forêt. Il soignait et guérissait les poules. 

Saint Junien 

Il est originaire du nord de la France et à l'âge de 15 ans, il devient disciple de Saint Amand et quitte sa famille aisée pour aller le retrouver : il est surtout connu pour avoir accompli de grands miracles comme par exemple pour avoir chassé un dragon de la région. 

Saint Blaise

Saint Blaise est originaire d'Arménie, il était médecin et devint evêque à Sébaste. Sa sainteté se manifestait par des miracles. D'ailleurs, pour échapper aux persécutions, Saint Blaise alla dans une grotte et les animaux malades venaient pour recevoir sa bénédiction. Saint Blaise mourut en martyr et demanda à Dieu avant d'être décapité que quiconque le prierait pour une maladie soit guéri. 

Saint Amand

Il est né en Hongrie et son père était roi. Après son baptême, il épousa la pauvreté des pauvres et renonça au trône. Il s'en va par les routes d'Europe jusqu'aux bords de Vienne. Il vivait dans la solitude en priant Dieu et aimant les hommes. 

Saint Théodore

C'est un jeune soldat romain qui est né en Syrie, il refusa de cacher sa foi, même si cela  devait lui coûter la vie. Il songea à gagner des âmes à Jésus-Chrit, à fortifier les confesseurs de foi. Il mourut lui aussi en martyr, brûlé vif sur un bûcher. Il emporta avec lui une croix et son âme s'envola au ciel. 

Informations sur les panneaux à l'intérieur de l'église de Saint-Junien.

Chapelle représentant la grotte de Junien (porte Saler). Junien qui a passé sa nuit à prier accueille les pélerins à qui il a donné rendez-vous la veille.

Chapelle représentant la grotte de Junien (porte Saler). Junien qui a passé sa nuit à prier accueille les pélerins à qui il a donné rendez-vous la veille.

Chronique des Ostensions (suite)

Tous les sept ans, le 1er mai, les Suisses gardes du tombeau parcours la cité gantière afin d'y saluer les Mais préalablement plantés. Les Mais sont des arbres de plusieurs mètres (celui de la collégiale faisait 24 mètres en 1995) qui sont plantés devant la collégiale et devant la chapelle Notre-Dame ornés à leur cime de trois couronnes représentant les Saints protecteurs : Amand, Junien et Théodore. Cet arbre est le plus souvent un grand mât en chêne, sans racine et élagué sauf à la cime. Celui de la chapelle, en plus d'être à l'honneur des trois saints, est à la Gloire de Marie car le mois de mai est le mois de la Vierge Marie qui exalte l'amour fraternel. " On en plantait autrefois également devant les demeures des notables. On se contente maintenant du salut des Suisses devant la demeure du curé, du président du comité, du sergent  des Suisses, du capitaine des pompiers et, quand les relations le permettent, du Maire "(1). Cela fait plus d'un siècle que les Mais n'étaient plus plantés devant les notables de la ville. Mais, en 2009, les membres du comité ont décidé d'en planter un devant les maisons du Père Chartier et de Gilles Bernard (qui sont voisins) à l'occasion de leur anniversaire. 

En 1981, en plus du salut des Suisses, le président Roger Thierry a eu l'idée de commémorer ceux qui ont disparu en déposant une gerbe aux monuments aux morts. 

Pourquoi planter un Arbre de Mai en l'honneur d'une personne ?

Dans une bonne partie de l'Occitanie, surtout en Dordogne, dans le sud de la Haute-Vienne et la Corrèze, tous les six ans, après les élections municipales, les habitants de certaines communes ont coutume, le 1er mai, d'organiser une fête en l'honneur de chaque élu. Cette fête consiste à planter un Mai avec une plaque : " Honneur à notre élu ", deux drapeaux tricolores croisés, un bouquet et un ruban tricolore, comme insigne de leur fonction et voeu de longévité. En retour, les nouveaux élus offraient une collation. Mais déjà sous l'Ancien Régime, les seigneurs recevaient de leurs sujets des marques de respect plus ou moins spontanées sous la forme d'Arbre d'Honneur devant leur demeure, leur château. 

En réalité, le rite de la plantation de l'Arbre de Mai est encore plus ancien. Attesté en France au Moyen Age, dès le commencement du XIIIe siècle, il est toujours associé à une grande variété de coutumes rurales printanières, à l'occasion des fêtes votives, des fiançailles ou du mariage, de la fenaison ou de la moisson. C'est ainsi que, pour célébrer le retour du printemps, saison de la séduction et de la fécondité, des jeunes garçons allaient chercher dans un bois un Mai pour le planter dans la nuit du 30 avril au 1er mai sur la place du village en l'honneur des jeunes filles à marier. Les filles et les garçons, un rameau vert sur la coiffe, se retrouvaient ensuite pour danser en s'unissant par la main autour de l'Arbre de Mai en traçant le cercle magique de la fécondité.

Très répandu à travers la France paysanne, ce rite de fécondité a été récupéré par l'Eglise en XVe-XVIe siècle lorsque les curés décidèrent de bénir le Mai pour christianiser un rite d'origine païenne et celtique. En effet, si l'Arbre de Mai est souvent un mât en chêne, c'est en mémoire des Celtes-Gaulois qui célébraient le retour du printemps ou la renaissance verdoyante de la nature le 1er mai lors de la fête de Beltaine en érigeant un arbre autour duquel ils dansaient pour chasser les mauvais esprits. Le chêne était pour eux non seulement le symbole de la robustesse et de la longévité, mais aussi le symbole de l'axe du monde qui relie les mondes souterrains (ses racines), terrestre (son tronc) et céleste (ses branches). Quant à Beltaine, elle était  la troisième  des quatre grandes fêtes religieuses agraires de l'année celtique, situées au milieu de chacune des quatre saisons, repères terrestres des événements célestes qui agissent sur le monde et  interfèrent sur celui des dieux celtes. Beltaine (fête des floraisons 1er mai) suivi de Lugnasad (fête des moissons le 1er août), de Samain ( fête des semailles le 1er novembre) et d'Imbolc (fête des germinations le 1er février). Les Celtes irlandais dédiaient la fête de Beltaine à leur dieu du soleil Bel, qui correspond chez les Gaulois à Bélénos. 

Dans le panthéon gaulois, c'est le dieu bûcheron Esus (mot signifiant le bon maître) qui semble le plus en rapport avec l'abattage de l'" Arbre de Mai". Assimilé au Jupiter gaulois, il est associé à Taranis et Teutatès par Lucain qui en parle dans son poème épique la Pharsale comme un dieu sanguinaire qu'on apaisait par le sacrifice d'un homme pendu à un arbre. Sur l'un des bas-reliefs de l'autel des Nautes de Paris on le voit sous l'aspect peu redoutable, barbu et simplement vêtu, en train d'abattre un arbre avec sa hache, pour régénérer le monde après s'être unis à la Grande Déesse. Image symbolique de la Nature ou de la Terre-Mère Nourricière. Des érudits ont tentés en effet d'associer cette scène à la sculpture dite du taureau aux trois grues figurant sur la face suivante de l'autel. Ils ont imaginé un récit mythique où Esus abattait l'arbre de vie pour en libérer une Grande Déesse qui en serait prisonnière. Le mythe du dieu bûcheron Esus serait alors à l'origine un rite de fécondité, un appel au pouvoir fertilisateur de l'esprit des arbres, et aussi par la verticalité de son tronc un symbole phallique pour stimuler la fécondité de la Terre-Mère. Il est significatif aussi qu'au temps du 1er mai, le soleil entre dans la constellation du Taureau. Peut-être y avait-il autrefois chez les Celtes-Gaulois, un sacrifice du Taureau au dieu soleil Bélénos lors de la fête de Beltaine qui donne la prospérité. 

Si le christianisme parvint, non sans peine, à extirper des campagnes les cultes celtiques notamment celui rendu aux arbres sacrés, néanmoins, il ne put jamais anéantir tout à fait les croyances qui s'y rattachaient. Alors, il ne faut pas s'étonner que le rite celtique de l'"Arbre de Mai " lors de la fête de Beltaine, se soit perpétué jusqu'à nos jours dans la tradition des Ostensions de Saint-Junien. Les deux arbres plantés devant la collégiale et la chapelle Notre-Dame du Pont ne seraient pas seulement des Mais en l'honneur des trois Saints (Amantd, Junien et Théorore), ils symboliseraient aussi la " Mère-Nature " qui renaît chaque année de ces cendres au milieu du printemps en revêtant son nouveau manteau de verdure, pour nous apporter les produits de la Terre. 

(1). Lautman Françoise. Le territoire des reliques. In : Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 90, numéro 2. 1983. L'espace et le sacré. Pp. 221-232. 

Laurent Chanadeau et Jean-Claude Aréna d'après les recherches de Jean-Christophe Chabot. 

LE NOUVELLISTE de Saint-Junien - Du 19 AU 25 mai 2016 - 

 

 

 

Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016

Chapelle de verdure avec les scènes à l'époque des Saints. Les chapelles placées à différents endroits du centre-ville de Saint-Junien, sont au nombre de huit. Celle-ci représente les Poitevins à Comodoliac (porte Voie-du-Pont). En l'an 510 environ, une funeste maladie ravageait le Poitou. Les habitants vinrent implorer le secours de Junien. 

Décor des chapelles avec les peintures de Jean Teilliet (1870-1931) comme tableau de fond. 

 

 

Arrivée de Junien à l'ermitage d'Amand

(porte du cimetière)

Junien, fils du compte de Cambrai, naquit en l'an 486, sous le règne de Clovis. Parti pour rejoindre le pieux ermite Amand, sur les bords de la Vienne et de la Glane, il y parvint un soir, très tard, sous une violente tempête de neige. Ses appels demeurèrent vains, Amand, craignant les embûches du démon, refusa de lui ouvrir les portes de sa cellule. Alors, Junien, seulement abrité par sa croix de pélerin, s'étendit à proximité de l'ermitage. La tradition rapporte que la neige, tombée en abondance pendant la nuit avait respecté une aire de protection autour du frêle adolescent. 

 

 

Réception de Junien par Amand (porte du cimetière)

Quand vint le jour, Amand sortit de son ermitage et contemplant le tapis de neige qui recouvrait la campagne, aperçut le jeune homme qui avait, la veille, frappé à sa porte, miraculeusement épargné. Le considérant alors comme envoyé du Ciel, il n'hésita plus à l'admettre dans sa vie austère et à l'associer à ses plus ferventes prières. 

Inhumation d'Amand (champ de foire)

A la mort d'Amand, en l'an 510 environ, les bûcherons de la forêt de Comodoliac accomplissent les derniers devoirs envers Amand, le pieux solitaire qui leur avait apporté la parole divine, et l'enterrent auprès de son ermitage. Un peu à l'écart, Junien abîmé dans une profonde douleur. 

Apparition de Notre-Seigneur à Théodore (boulevard Victor Hugo)

Théodore, soldat romain, né en Syrie, en l'an 270 environ se convertit au christianisme. L'empereur Dioclétien le fit enfermer. Le Seigneur lui apparut dans la prison au milieu d'un nuage entouré de deux anges portant, l'un une couronne, l'autre la palme des martyrs. Théodore fut exécuté la tête tranchée, le 9 novembre de l'an 301. 

Exhumation d'Amand 

(porte du Pont-Levis)

Le 25 août 1083, Hugues, abbé de Cluny, voyageant en Aquitaine pour visiter les lieux saints, vint à Comodoliac. Demandant l'endroit où se trouvait le tombeaux de saint Amand, on lui répondit qu'on ignorait où son corps était enseveli. Le lendemain, le chanoine Ramnulphe qui voulait élever une église en l'honneur de saint Amand, pria  l'abbé de Cluny de désigner lui-même l'endroit au milieu des rochers. Les ouvriers se mirent immédiatement à creuser et trouvèrent un mausolée d'une grandeur remarquable avec une inscription latine qui peut se traduire approximativement ainsi : " Ici sont les ossements et les cendres de saint Amand, fils du roi de Hongrie ". La translation de ces reliques fut faite le 21 octobre 1100 par l'évêque Raynaud de Périgueux, en même temps que celles de saint Junien et de saint Rorice après que l'église de Saint-Junien fut achevée. 

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Décoration des vitrines et des rues de Saint-Junien 

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Rue Lucien Dumas recouverte de branchages pour reconstituer la forêt où les ermites se réfugiaient.

Rue Lucien Dumas recouverte de branchages pour reconstituer la forêt où les ermites se réfugiaient.

Les 72èmes Ostensions de Saint-Junien, année 2016
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Maison de jean Teilliet (1870-1931), peintre musicien de Saint-Junien

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La mairie

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Photos du cortège des 72èmes Ostensions limousines de Saint-Junien, le 26 juin 2016.

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Les visiteurs venus nombreux admirent le cortège

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Rendez-vous en 2023 pour les prochaines Ostensions !

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